À la
place d'un individualisme farouche, il s'agit de placer au centre
de nos valeurs l'accord avec soi-même et avec les autres,
de créer une véritable solidarité qui fonctionne
dans l'espace, se préoccupe du sort des autres, cherche
les équilibres et les contre-pouvoirs qui permettront à notre
société d'être plus humaine et plus juste.
Nous ne devons plus accepter que, chaque minute, quinze personnes
meurent de faim dans le monde. S'en suivront nécessairement
des actions courageuses fondées sur un authentique respect
d'une nature dont nous aurons enfin compris que notre propre destin
est solidaire.
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Il
nous faudra aussi étendre notre devoir de solidarité aux
temps futurs ; nous sentir liés aux générations
suivantes, accepter notre responsabilité écrasante
face à elles, être comptables de nos actes afin que
nous ne lisions jamais dans les yeux de nos enfants l'échec
de nos vanités. Nous n'avons pas le droit de leur laisser
comme seul héritage la gestion de nos faillites et nos incuries,
comme nous leur abandonnons aujourd'hui nos déchets nucléaires.
Nous devons refuser de fonder une éthique sur des comportements
dont la plupart pourraient se résumer à une formule
lapidaire : après nous, le déluge.
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