MISSION MONGOLIE

HISTORIQUE

PREMIÈRE DISTRBUTION

MAI 2005

Chargée de mission : Nadine PILARD


contact : missionmongolie@reflexepartage.org

ACTUALITÉS

 

Nadine témoigne

30 avril 2005 : accompagnée de Sylvie et Jean-Paul, je débarque à Ulaanbaatar.

Après une journée de repos pour se remettre des 7 heures de décalage horaire, nous commençons à nous renseigner sur l’endroit où se situe le container dont l’arrivée est prévue pour le 4 mai.

D’abord l’incertitude, pas de trace du container dans toutes les compagnies de transport mongoles à Ulaanbaatar ! Il n’est même pas annoncé pour les prochains jours !
L’inquiétude nous gagne… Où sa route s’est-elle arrêtée ?

Enfin, première nouvelle et nouvelle inquiétude : Son acheminement s’est arrêté à Tianjin, une petite ville à proximité de Pékin, là où il devrait quitter la mer et regagner la terre ferme afin de terminer sa route en train. Mais la Chine est en vacances, c’est la fête du travail, la fête annuelle chinoise, aucune information possible !

Il n’y a plus qu’à attendre… Comment en profiter ?

Sylvie et Jean Paul enrichissent leur film de nouvelles vues des centres que nous aidons.
Nous visitons l’hôpital des brûlés, seul établissement de ce genre en Mongolie, et rencontrons sa directrice qui parle quelques mots de français. Après cette rencontre c’est sûr, cet établissement va recevoir le matériel médical collecté pour l’hôpital de La Charité. En effet, suite à un changement de direction à la tête de l’hôpital de La Charité, ce centre n’était plus intéressé par le don de Réflexe Partage.


La vie décide où l’aide va aller et elle décide très bien :
l’hôpital des brûlés a les mêmes patients que celui de La Charité (des patients brûlés ou gelés) et l’établissement manque de tout. Les lits en fer sont vétustes et les matelas se résument à l’épaisseur d’une petite couverture. La plupart du matériel médical ne fonctionne pas.
L’arrivée de tout le matériel collecté est vraiment une aubaine tombée du ciel pour cet hôpital !

Le jour suivant, nous nous rendons à l’école d’Azzaya, située dans un quartier pauvre de yourtes sur les hauteurs d’Ulaanbaatar. Nous sommes accueillis par les enfants qui agitent des petits drapeaux français et ils nous offrent un spectacle qu’ils répètent déjà depuis quelque temps. Des chants, des danses, une histoire traditionnelle mongole, de la musique avec quelques morceaux joués sur l’instrument traditionnel : le morin khur. Ils sont tous magnifiques.

une yourte
est une sorte de grande tente ronde et blanche qui peut être déménagée rapidement, dont la porte est toujours tournée vers le sud.


Puis, avec Azzaya la directrice de l’école , nous partons en visite dans deux familles d’enfants qui fréquentent cette école.
Nous marchons dans la rue en terre et arrivons derrière la palissade d’un enclos. À l’intérieur, une baraque construite en bois et en matériaux de tous genres, d’une mince épaisseur. Une femme, un bébé dans les bras nous accueille, nous fait entrer chez elle. Azzaya lui explique le pourquoi de notre visite et elle accepte d’être filmée (Sylvie filme). Tout est vétuste, sale et mal en point, fait de bric et de broc. Ces gens vivent dans une extrême précarité et je n’ose pas imaginer ce que cela doit être l’hiver, par -30°c.

Nous partons visiter une deuxième famille.
Dans cet enclos plusieurs yourtes, plusieurs familles.
Dans une des yourtes, 4 enfants, la plus grande a 14 ans. Elle est handicapée mais fréquente régulièrement l’école d’Azzaya. Elle garde ses 3 frères dont le plus jeune n’a que de 2 ans. Leurs parents sont partis à 7h ce matin pour récolter un peu d’argent en vendant du bois ou du charbon, ils ne reviendront que ce soir vers 22h. Entre temps, les enfants restent seuls. La yourte dans laquelle cette famille vit ne leur appartient pas, elle leur est prêtée et ils doivent souvent déménager.
Comme il est bientôt midi, nous demandons aux enfants s’ils ont mangé. Non bien sûr, les parents leurs font porter de la nourriture par une autre personne quand cela est possible.
Nous sortons de nos sacs notre pique-nique et nous le partageons avec eux. Le plus petit, timide, se cachait derrière son grand frère depuis notre arrivée ; tout à coup, il sort son petit nez et accepte volontiers nos sandwiches.

Tous les vêtements et chaussures collectés pour cette école vont être distribués aux enfants fréquentant l’école bien sûr, mais les frères, les sœurs et les familles en profiteront aussi.

Note aide va rayonner autour de l’école.

Enfin, le 9 mai au matin, par un mail venant de Chine j’apprends que le container va arriver tout d’abord le 10, puis ce n’est confirmé que le 12. Quel soulagement !

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Mais les difficultés ne font que commencer !
- Course poursuite dans les bureaux des douanes pour obtenir les tampons nécessaires qui vont nous permettre d’ouvrir les portes du container.
- Contrôle et re-contrôle des douanes.
L’administration des douanes est très bureaucratique et nous indique les démarches une à une. Lorsqu’une formalité est remplie, et bien il y en a une autre. Il faut attendre dans les couloirs plusieurs heures pour obtenir le coup de tampon nécessaire.

Le directeur du centre de formation, Erdenetungalag fait partie de l’expédition et c’est avec lui, notre interprète et Jean Paul que nous « tenons le siège » dans les bureaux des douanes et des transports. Si Erdenetungalag est un peu distant au début, rapidement nous commençons à plaisanter sur les méandres de l’administration douanière.
Au fil des jours, l’équipe se fortifie avec l’arrivée des autres directeurs des centres. Au final nous sommes 8 personnes à envahir les bureaux pour chaque démarche.

Chaque jour une nouvelle difficulté surgit, et chaque fois elle me semble énorme : 5 jours pour effectuer un contrôle sanitaire alors que nous sommes à deux jours de notre retour en France : les papiers ne sont pas conformes, les centres doivent payer une somme astronomique en frais de dédouanement...

Chaque fois je vacille. Chaque fois je suis tentée de tout abandonner. J’imagine des scénarios catastrophes qui me terrassent…

Impossible de reculer, je ne peux que continuer, tenir le cap de formalité en formalité.
Notre départ prévu pour le 14 mai est repoussé au 18 et je ne sais même pas si cela suffira !
Faire confiance à la Vie devient mon rappel quotidien, je ne pars le matin qu’avec cette attitude intérieure qui m’ancre au présent, et seulement le problème du jour à régler.

Enfin, le 17 mai à 14h00 la douane donne le feu vert
: les centres peuvent commencer à charger dans les camions tout le matériel déchargé et rangé par destination sur les quais de la compagnie.
Soulagés, Jean Paul et moi tombons dans les bras d’Azzaya, , et d’Otgon, la directrice de l’hôpital.
Plus tard, en début de soirée, nous faisons le tour des centres.

À l’hôpital tout le matériel est dans l’entrée.

Une véritable ruche s’affaire pour tout mettre en place. Les chefs de services se partagent les lits. Je fais la démonstration du maniement des lits médicalisés électriques. Otgon, est vraiment ravie.

Au centre de formation, tous les cartons ont été rangés dans la réserve.

Erdenetungalag me montre un carton qu’il a ouvert. Il y a un outil pour l’atelier de menuiserie, lui aussi a l’air vraiment content.

À l’école d’Azzaya, tous s'affèrent et rangent.

Jean Paul est tout ému en arrivant : un élève qui vit à l’école parce qu’il n’a plus ni famille, ni endroit où aller, est tout sourire en pédalant dans la cour de l’école sur un des vélos qui vient d’arriver.
Azzaya a déjà installé dans la bibliothèque les petits bureaux jaunes avec les ordinateurs dessus.
Dans l’autre pièce, les cartons montent jusqu’au plafond et les gros bidons pleins de jouets sont stockés dans une autre salle. Le réfrigérateur est déjà branché, Azzaya ouvre la porte et nous montre qu’il fonctionne.


Nous prenons une photo et nous partons au restaurant avec tous les directeurs et directrices des centres, pour fêter cette première arrivée de container.
Fête chaleureuse, joyeuse et légère. Nous plaisantons tout le long du repas et Erdenetungalag déclare que c’est une soirée comme avec ses amis mongols.

Maintenant c’est fait :
le container est arrivé à bon port, tout son précieux contenu est distribué.

Les difficultés rencontrées semblent n’avoir été que des masques de carnaval pour me faire peur. Des liens sont tissés entre Erdenetungalag, Azzaya, Otgon et l’équipe de distribution mais aussi entre tous les membres de Réflexe Partage et les habitants d’un coin de Mongolie.


Il y a là-bas, à Ulaanbaatar, à 10 000 km de la France, des enfants, des femmes et des hommes qui vont porter des vêtements, des chaussures, collectés par nous tous.

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Il y a là-bas à Ulaanbaatar, à 10 000km de la France, des enfants, des femmes, et des hommes qui bénéficient de nos premiers réflexes de partage.

Nadine