Juillet 2006 : Un deuxième container pour la Mongolie
De retour en France Nadine et Nathalie témoignent
Mardi 25 juillet, 12 h00 : bien arrimé par des câbles à la grue, le container s’envole au delà du grillage de l’enclos fermé où sont stockés tous les containers de la compagnie de transport Mongoltrans. Nous allons pouvoir l’ouvrir et commencer la distribution.

Il est arrivé le 21 juillet avec quelques jours de retard sur le jour annoncé. La douane centrale fait quelques difficultés pour nous fournir les papiers nécessaires. Je reste confiante.
Nous les obtenons le lundi 24 et tout s’enchaîne facilement ensuite.
À la douane de ville, avec la recommandation de l’Ambassadeur de Mongolie, cela devient une rapide formalité.
À la Mongoltrans, le contrôleur n’ouvre même pas un carton, il tamponne les papiers et c’est fini. Pas de contrôle sanitaire.
Comme l’année dernière, je craignais ce contrôle. Des cargaisons entières ont été brûlées à la douane mongole parce que ce qui arrivait ne correspondait pas à leurs normes.
Mais heureusement rien de tel pour nous.

Je savoure, non sans étonnement quand même, la facilité avec laquelle tout se déroule. C’est sûr, nous avions préparé le terrain avec l’ambassade et puis il y avait eu déjà un container l’an passé, mais la différence est stupéfiante.
Même les frais de douane dont s’acquittent les centres sont moins élevés que l’année dernière.

 

Tous les directeurs des centres et leurs employés sont là pour décharger, tout le monde s’affaire et les tas se forment et s’agrandissent.

Quel bonheur de voir tout ce matériel arrivé à destination. Et quel matériel !! Des lits en bois avec des matelas neufs, des petites tables en bois protégées de tous côtés, une montagne de cartons et les lits médicalisés qui font la joie du directeur d’hôpital.

Madame Otgonsetseg, directrice de l’orphelinat nous félicite pour l’efficacité de notre organisation au vu des listes précises et de l’inventaire de chaque colis.


La comptable du pénitencier est stupéfaite de la quantité de cartons.

Le directeur de l’hôpital est ravi pour les lits médicalisés. Et puis il y a aussi ce respirateur fourni par « Médecins du monde » que nous avons chargé dans le container et qui va permettre des opérations plus faciles surtout chez les enfants.

Nous visitons plus tard son établissement et il nous montre les chambres où les lits ont déjà été nettoyés et installés.
Je mesure en croisant les regards des malades combien notre aide les soulage. C’est cela notre récompense. Oui, cela sert, toute notre énergie d’une année durant pour récolter les « trop », les préparer, les charger dans le container permet au bout de la chaîne de soulager vraiment.
J’ai le sentiment d’avoir vraiment servie, et cela me touche et me soulage moi aussi.
Mais toutes les chambres n’en sont pas encore équipées, et il manque encore beaucoup de matériel, alors il reste à faire.

À l’école privée, la directrice Azzaya n’est pas là, mais nous sommes accueillies par les institutrices. L’école a changé, il y a un nouveau bâtiment qui en train d’être construit, ce sera la bibliothèque. Le terrain est agrandi, il y a un endroit pour le basket, un vrai terrain. J’assiste au changement, à l’évolution et c’est plein d’espoir pour ces enfants de quartiers pauvres. Et nous y contribuons pour une part.


Le centre de formation pour adolescents vient d’accueillir une femme médecin qui parle français. Elle nous fait visiter son infirmerie. Elle aura besoin de matériel, bien sûr.

À l’extérieur, il y a des légumes plantés, pommes de terre, choux, tomates pour les pensionnaires. Je sens une vraie volonté de la part des personnes responsables de faire évoluer le centre, de faire plus pour les très pauvres, pas de sentiment de fatalité.

Le centre a accueilli cet hiver beaucoup de sans abri qu’il a essayé de nourrir. Ce centre me touche beaucoup car il est situé dans un des quartiers les plus pauvres de la capitale et accueille les sans abris, ceux qui se gèlent dehors ou qui peuvent se brûler s’ils descendent dans les trous pour ne pas mourir de froid.
Le directeur du centre voudrait créer aussi un lieu pour les enfants de ces sans abri. Il aura certainement encore besoin de Réflexe Partage. Ici aussi, il y encore tellement à faire.

Nadine, chargée de la mission Mongolie

J’étais au départ du container à Chartres, quelques Kms et 2 mois après je suis à l’arrivée en Mongolie.

Nadine ouvre la porte du container et je retrouve l’amas de cartons à ras.
Nous déchargeons la précieuse cargaison à même le sol, entre les flaques d’eau en faisant des tas pour chaque centre. Ah les précieuses étiquettes de couleur ! La hauteur des montagnes est impressionnante pour nous tous.

Je peux vous dire que tout ce que nous avons collecté, du plus petit matériel récolté au plus sophistiqué, a pour eux la même valeur, chacun de nos dons leur va droit au cœur.
Je n’oublierai pas les yeux et les mots de ces femmes et de ces hommes émus, devant nos cartons, comme des enfants découvrant leurs paquets de Noël.

Arrivent les matelas emmaillotés dans leur film plastique, les lits métalliques heureusement bloqués par du fil de fer.
Chacun de nos gestes de soin protecteur, sur les lieux de stockage, prend tout son sens ici, sur ce terrain vague.
À travers leurs accolades et poignées de mains chaleureuses, je reçois la reconnaissance pour l’attention et l’amour des petites choses que nous avons, lors de la mise en cartons. Seulement 1 petit carton éventré et 2 assiettes cassées sur 76m3 !!

Tout ce chargement trié, va être chargé sur les camions respectifs de chaque lieu aidé (on n’imagine pas ce qu’est une vie de carton !)

Le soir à l’hôpital des brûlés, le directeur devant « son respirateur » nous confie à quel point il est touché que l’on s’intéresse à son service si démuni. Les lits médicalisés ont déjà été nettoyés et des patients sont allongés dessus, une petite fille déambule enfin dans les couloirs grâce à un fauteuil roulant…
La boucle est bouclée, chaque objet a retrouvé une place, une nouvelle vie.

Nous pouvons être fiers de notre chaîne.
Nathalie, membre de l'équipe qui a distribué le container à Ulaan Baatar