De retour en France Nadine et Nathalie témoignent |
Mardi
25 juillet, 12 h00 : bien arrimé par des câbles à la
grue, le container s’envole au delà du grillage de l’enclos
fermé où sont stockés tous les containers de la compagnie
de transport Mongoltrans. Nous allons pouvoir l’ouvrir et commencer
la distribution. Il est arrivé le 21 juillet avec quelques jours de retard sur
le jour annoncé. La douane centrale fait quelques difficultés
pour nous fournir les papiers nécessaires. Je reste confiante.
Nous les obtenons le lundi 24 et tout s’enchaîne facilement
ensuite.
À la douane de ville, avec la recommandation de l’Ambassadeur
de Mongolie, cela devient une rapide formalité.
À la Mongoltrans, le contrôleur n’ouvre même
pas un carton, il tamponne les papiers et c’est fini. Pas de contrôle
sanitaire.
Comme l’année dernière, je craignais ce contrôle.
Des cargaisons entières ont été brûlées à la
douane mongole parce que ce qui arrivait ne correspondait pas à leurs
normes.
Mais heureusement rien de tel pour nous.
|
 |
Je savoure, non sans étonnement quand
même, la facilité avec laquelle tout se déroule. C’est
sûr, nous avions préparé le terrain avec l’ambassade
et puis il y avait eu déjà un container l’an passé,
mais la différence est stupéfiante.
Même les frais de douane dont s’acquittent les centres sont moins élevés
que l’année dernière. |
Tous les directeurs des
centres et leurs employés
sont là pour décharger, tout le monde s’affaire et
les tas se forment et s’agrandissent.
Quel bonheur de voir tout
ce matériel arrivé à destination. Et quel matériel
!! Des lits en bois avec des matelas neufs, des petites tables en bois
protégées de tous côtés, une montagne de
cartons et les lits médicalisés qui font la joie du directeur
d’hôpital.
|
 |
Madame Otgonsetseg, directrice
de l’orphelinat
nous félicite pour l’efficacité de notre organisation
au vu des listes précises et de l’inventaire de chaque
colis.
La comptable du pénitencier est stupéfaite de la quantité de
cartons.
|
 |
Le directeur de l’hôpital
est ravi pour les lits médicalisés. Et puis il y a aussi
ce respirateur fourni par « Médecins du monde » que
nous avons chargé dans le container et qui va permettre des opérations
plus faciles surtout chez les enfants.
Nous visitons plus tard
son établissement et il nous montre les chambres où les
lits ont déjà été nettoyés et installés.
Je mesure en croisant les regards des malades combien notre aide les soulage.
C’est cela notre récompense. Oui, cela sert, toute notre énergie
d’une année durant pour récolter les « trop »,
les préparer, les charger dans le container permet au bout de la chaîne
de soulager vraiment.
J’ai le sentiment d’avoir vraiment servie, et cela me touche et
me soulage moi aussi.
Mais toutes les chambres n’en sont pas encore équipées,
et il manque encore beaucoup de matériel, alors il reste à faire.
|
 |

|
À l’école privée,
la directrice Azzaya n’est pas là, mais nous sommes accueillies
par les institutrices. L’école a changé, il y a un
nouveau bâtiment qui en train d’être construit, ce sera
la bibliothèque. Le terrain est agrandi, il y a un endroit pour
le basket, un vrai terrain. J’assiste au changement, à l’évolution
et c’est plein d’espoir pour ces enfants de quartiers pauvres.
Et nous y contribuons pour une part. |
|
Le centre de formation pour adolescents
vient d’accueillir une femme médecin qui parle français.
Elle nous fait visiter son infirmerie. Elle aura besoin de matériel,
bien sûr.
À l’extérieur, il y a des légumes plantés,
pommes de terre, choux, tomates pour les pensionnaires. Je sens une vraie
volonté de la part des personnes responsables de faire évoluer
le centre, de faire plus pour les très pauvres, pas de sentiment
de fatalité.
Le centre a accueilli cet hiver beaucoup de sans abri qu’il a
essayé de nourrir. Ce centre me touche beaucoup car il est situé dans
un des quartiers les plus pauvres de la capitale et accueille les sans
abris, ceux qui se gèlent dehors ou qui peuvent se brûler
s’ils descendent dans les trous pour ne pas mourir de froid.
Le directeur du centre voudrait créer aussi un lieu pour les enfants
de ces sans abri. Il aura certainement encore besoin de Réflexe Partage.
Ici aussi, il y encore tellement à faire. |
Nadine, chargée de la mission
Mongolie |
J’étais au départ du container à Chartres,
quelques Kms et 2 mois après je suis à l’arrivée
en Mongolie.
Nadine ouvre la porte du container et je retrouve l’amas de cartons à ras.
Nous déchargeons la précieuse cargaison à même
le sol, entre les flaques d’eau en faisant des tas pour chaque
centre. Ah les précieuses étiquettes de couleur ! La
hauteur des montagnes est impressionnante pour nous tous.
|
 |
Je peux vous dire que
tout ce que nous avons collecté, du plus petit matériel récolté au
plus sophistiqué, a pour eux la même valeur, chacun de nos
dons leur va droit au cœur.
Je n’oublierai pas les yeux et les mots de ces femmes et de ces hommes émus,
devant nos cartons, comme des enfants découvrant leurs paquets de Noël. |
 |
Arrivent les matelas emmaillotés dans leur film
plastique, les lits métalliques heureusement bloqués par
du fil de fer.
Chacun de nos gestes de soin protecteur, sur les lieux de stockage, prend tout
son sens ici, sur ce terrain vague.
À travers leurs accolades et poignées de mains chaleureuses, je
reçois la reconnaissance pour l’attention et l’amour des petites
choses que nous avons, lors de la mise en cartons. Seulement 1 petit carton éventré et
2 assiettes cassées sur 76m3 !!
Tout ce chargement trié, va être chargé sur
les camions respectifs de chaque lieu aidé (on n’imagine
pas ce qu’est une vie de carton !)
|
|
|
Le soir à l’hôpital des brûlés,
le directeur devant « son respirateur » nous confie à quel
point il est touché que l’on s’intéresse à son
service si démuni. Les lits médicalisés ont déjà été nettoyés
et des patients sont allongés dessus, une petite fille déambule
enfin dans les couloirs grâce à un fauteuil roulant… |
|
La boucle est bouclée, chaque objet
a retrouvé une place, une nouvelle vie.
Nous pouvons être fiers de notre chaîne. |
Nathalie, membre de l'équipe
qui a distribué le container à Ulaan Baatar |
|